16 oct. 2026
Installer des bornes de recharge sur le parking d’une entreprise nécessite de prendre en compte les usages, la puissance électrique disponible, les contraintes techniques et la réglementation. Le nombre de bornes, leur puissance, leur emplacement et leur coût dépendent directement de ces paramètres.
Voici les 7 étapes d’un projet d’installation de bornes de recharge en entreprise, de l’analyse des besoins à la maintenance des bornes.

Les 7 étapes en bref
- Définir les besoins de recharge de l’entreprise
- Vérifier les obligations réglementaires du site
- Réaliser l’étude technique et dimensionner l’installation
- Choisir les bornes et leur mode de gestion
- Monter le financement et engager les démarches
- Confier les travaux à un installateur qualifié IRVE
- Organiser l’exploitation et la maintenance
Étape 1 : définir les besoins de recharge de l’entreprise
La première étape consiste à identifier qui utilisera les bornes de recharge : véhicules de service, voitures de fonction, véhicules personnels des salariés, clients ou visiteurs. Les besoins varient notamment selon le temps de stationnement et le kilométrage quotidien.
Il faut également anticiper l’évolution de la flotte électrique à trois ou cinq ans. Une entreprise peut ainsi choisir d’équiper immédiatement une partie des places tout en prévoyant le pré-équipement nécessaire pour installer de nouvelles bornes ultérieurement.
Pour une flotte de poids lourds, les besoins sont différents : les puissances de recharge sont plus importantes et doivent être adaptées aux rotations des véhicules. Energies de Loire propose une solution dédiée avec le pack MobiliSun Truck.
Si vous souhaitez évaluer l’intérêt d’un tel projet, consultez également notre article sur les avantages des bornes de recharge en entreprise.

Étape 2 : vérifier les obligations réglementaires du site
Avant d’installer des bornes de recharge, il est nécessaire de vérifier les obligations réglementaires qui s’appliquent au bâtiment et à son parking. Celles-ci peuvent concerner à la fois l’installation de bornes de recharge et, pour certains parkings extérieurs, la solarisation.
Quelles obligations pour les bornes de recharge ?
Les bâtiments non résidentiels disposant de plus de 20 places de stationnement sont soumis à des obligations d’équipement en points de recharge. Depuis le 1er janvier 2025, ils doivent notamment disposer d’au moins un point de recharge accessible aux personnes à mobilité réduite, puis d’un point supplémentaire par tranche de 20 emplacements, sous certaines conditions et avec des exceptions liées notamment aux travaux d’adaptation du réseau électrique. Légifrance
Pour un parking de 60 places, cela correspond donc à trois points de recharge au minimum, sous réserve des dispositions applicables au site.
Les bâtiments neufs et ceux faisant l’objet d’une rénovation importante peuvent également être soumis à des obligations de pré-équipement, destinées à faciliter l’installation future de bornes.
Et pour la solarisation des parkings ?
Les parkings extérieurs de plus de 1 500 m² peuvent être concernés par l’obligation prévue à l’article 40 de la loi APER : l’installation d’ombrières intégrant un procédé de production d’énergies renouvelables sur au moins la moitié de la superficie du parc, sous réserve des cas d’exonération prévus par les textes. Légifrance
Le calendrier dépend notamment de la superficie du parking. Pour les parcs non gérés en concession ou délégation de service public, l’échéance est fixée au 1er juillet 2026 pour les parcs de 10 000 m² et plus, et au 1er juillet 2028 pour ceux dont la superficie est comprise entre 1 500 et 10 000 m². Légifrance
Un délai supplémentaire sous certaines conditions
Le décret n° 2026-842 du 7 septembre 2026 précise désormais les caractéristiques que doivent respecter les panneaux photovoltaïques pour permettre aux propriétaires de certains parkings de bénéficier d’un délai supplémentaire. Il concerne les parcs extérieurs d’une superficie égale ou supérieure à 1 500 m². Légifrance
Pour les parcs de 10 000 m² et plus, le bénéfice de ce dispositif repose notamment sur un contrat d’engagement avec acompte conclu au plus tard le 30 juin 2026 et un bon de commande conclu avant le 31 décembre 2026, avec une installation prévue avant le 1er janvier 2028.
Pour les parcs compris entre 1 500 et 10 000 m², les échéances sont décalées : contrat d’engagement avec acompte au plus tard le 30 juin 2027, bon de commande avant le 31 décembre 2027 et installation prévue avant le 1er janvier 2030. Légifrance
Le décret impose notamment des critères concernant le rendement des panneaux, leur dégradation annuelle, leur bilan carbone, leurs garanties et la résilience de leur approvisionnement. Ces caractéristiques doivent être mentionnées dans le contrat d’engagement ou le bon de commande pour ouvrir droit au dispositif. Légifrance
Pourquoi vérifier ces obligations dès la conception ?
Les obligations applicables dépendent donc de plusieurs paramètres : type de bâtiment, nombre de places, superficie du parking, travaux envisagés et configuration du site.
Lorsque le projet comprend à la fois des bornes de recharge et une solarisation du parking, il peut être pertinent d’étudier les deux infrastructures conjointement afin de coordonner les travaux, le raccordement électrique et les usages de l’énergie produite.
Notre dossier sur la solarisation des parkings présente les principales solutions et les évolutions réglementaires à connaître.
Étape 3 : réaliser l’étude technique et dimensionner l’installation
L’étude technique permet de déterminer si l’infrastructure électrique existante peut supporter la recharge des véhicules.
L’installateur analyse notamment :
- la puissance disponible,
- le tableau général basse tension (TGBT),
- la puissance souscrite
- et la consommation du bâtiment.
Il étudie également les distances entre le tableau électrique et les places de stationnement ainsi que les contraintes liées au parking et aux travaux.
La puissance électrique disponible constitue le principal point de vigilance.
Lorsque le site ne dispose pas d’une puissance suffisante, deux solutions sont possibles :
- augmenter la puissance souscrite
- ou mettre en place un système de pilotage dynamique de la recharge, aussi appelé smart charging.
Le pilotage permet de répartir la puissance disponible entre les véhicules en fonction des besoins et de la consommation du bâtiment. Il peut ainsi éviter, dans certains cas, un renforcement du raccordement électrique.
Si l’entreprise dispose déjà de panneaux photovoltaïques, la production solaire peut également être intégrée au dimensionnement. Des batteries de stockage peuvent compléter l’installation pour mieux valoriser l’électricité produite sur place.
L’autoconsommation collective permet également de partager une production photovoltaïque entre plusieurs consommateurs ou bâtiments situés à proximité.
À l’issue de cette étude, l’entreprise dispose d’une proposition précisant le nombre de bornes, leur puissance, leur implantation, le schéma électrique, le phasage des travaux et le coût du projet.
Étape 4 : choisir les bornes et leur mode de gestion
Le choix de la borne dépend principalement du temps pendant lequel les véhicules restent stationnés.
- Les bornes en courant alternatif (AC), généralement de 7,4 à 22 kW, sont adaptées aux véhicules qui restent plusieurs heures sur le parking, par exemple pendant une journée de travail ou une nuit au dépôt.
- Les bornes en courant continu (DC) sont plus puissantes et plus coûteuses. Elles sont particulièrement adaptées aux besoins de recharge rapide, aux flottes fortement sollicitées ou aux véhicules qui restent peu de temps sur site.
Il faut également tenir compte du chargeur embarqué du véhicule : une voiture limitée à 11 kW ne pourra pas exploiter les 22 kW d’une borne AC !
Le choix doit aussi intégrer l’environnement d’installation, notamment la résistance aux intempéries et aux chocs, le type de fixation, la signalétique, le marquage au sol et l’accessibilité des places PMR.
Enfin, un système de supervision des bornes permet de gérer les accès, suivre les consommations, définir des priorités entre utilisateurs et, si nécessaire, organiser la refacturation. Pour des bornes accessibles au public, des fonctionnalités supplémentaires liées au paiement et à l’information tarifaire sont nécessaires.
À noter : la mise à disposition d’une borne sur le lieu de travail ne constitue pas un avantage en nature pour les salariés qui l’utilisent, électricité comprise, selon la tolérance de l’URSSAF applicable jusqu’au 31 décembre 2027.

Étape 5 : monter le financement et engager les démarches
Le coût d’une installation de bornes de recharge ne correspond pas uniquement au prix des bornes. Il faut également prévoir les travaux électriques, le génie civil, les éventuelles tranchées et reprises d’enrobé, le raccordement, la supervision et la maintenance.
Le coût peut être réduit en regroupant les travaux avec d’autres aménagements prévus sur le parking.
Le programme Advenir, financé par les certificats d’économies d’énergie et piloté par l’Avere-France, peut également contribuer au financement de certains projets d’installation de bornes. Les montants et conditions dépendent notamment de l’usage des bornes et évoluent régulièrement. Ils doivent donc être vérifiés avant la signature des devis.
Lorsque les bornes sont intégrées à un projet d’ombrières photovoltaïques, Energies de Loire peut également porter le financement de la centrale dans le cadre du modèle « client hébergeur ». Les deux modèles sont présentés sur notre page consacrée au photovoltaïque pour les entreprises.
Selon le projet, les démarches peuvent également concerner le gestionnaire de réseau, l’urbanisme, le propriétaire du site ou encore la mise en place d’une charte d’utilisation des bornes.
Étape 6 : confier les travaux et la mise en service à un installateur qualifié IRVE
L’installation d’une borne de recharge d’une puissance supérieure à 3,7 kW doit être réalisée par une entreprise disposant de la qualification IRVE, conformément au décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017.
Cette qualification est également nécessaire pour bénéficier de certaines aides. Energies de Loire est titulaire de la qualification Qualifelec IRVE, ainsi que des certifications ISO 9001 et ISO 14001.
Les travaux comprennent généralement la création des cheminements et tranchées, la pose des protections électriques, le tirage des câbles, l’installation des bornes puis leur configuration.
Lorsque le parking reste en activité pendant le chantier, les travaux peuvent être réalisés par zones afin de limiter leur impact sur les salariés et les visiteurs.
La mise en service comprend le paramétrage du système de supervision, la création des accès, les tests de charge et la remise du dossier technique : schémas, attestations de conformité, notices et procès-verbal de réception.
Étape 7 : organiser l’exploitation et la maintenance
Une installation de recharge doit être suivie dans la durée pour garantir la disponibilité des bornes et leur bon fonctionnement.
La maintenance préventive permet notamment de contrôler les connecteurs, câbles et protections et d’effectuer les mises à jour nécessaires. La supervision à distance facilite quant à elle la détection rapide d’éventuels dysfonctionnements.
Le suivi des consommations permet également d’adapter progressivement l’installation : répartition de la puissance, règles de priorité ou ajout de nouveaux points de charge.
Energies de Loire assure le suivi et la maintenance de ses installations depuis ses agences de Candé (49) et de Guérande (44), dans un rayon d’environ 2h30, avec des techniciens présents sur le terrain.
Associer bornes de recharge, ombrières et production solaire
Le parking peut accueillir à la fois les véhicules, les bornes de recharge et une installation photovoltaïque. Des ombrières photovoltaïques avec bornes de recharge permettent ainsi de protéger les véhicules, produire de l’électricité et alimenter une partie des besoins liés à la mobilité électrique.
Pour les salariés qui stationnent plusieurs heures sur leur lieu de travail, la production solaire intervient notamment pendant les périodes où les véhicules sont présents. Une partie de l’électricité produite peut ainsi être autoconsommée pour la recharge.
Energies de Loire a déjà accompagné ce type de projet, notamment pour Saint-Nazaire Agglomération, avec 4 500 m² de panneaux photovoltaïques sur ombrières, et pour le Crédit Agricole Atlantique Vendée sur le parking de son campus nantais.
Découvrez également notre offre de mobilité décarbonée ainsi que notre guide pour diviser sa facture de carburant par 3.
Vous préparez l’installation de bornes de recharge sur votre site ? Nos équipes étudient vos besoins, la puissance disponible et les obligations applicables afin de concevoir une infrastructure adaptée. Parlez-en avec un expert Energies de Loire.
FAQ
Qui peut installer une borne de recharge en entreprise ?
Au-delà de 3,7 kW, l’installation doit être réalisée par une entreprise titulaire de la qualification IRVE, conformément au décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017. La majorité des bornes professionnelles délivrent entre 7,4 et 22 kW en courant alternatif.
L’installation de bornes est-elle obligatoire pour une entreprise ?
Depuis le 1er janvier 2025, les parkings de plus de 20 places des bâtiments non résidentiels doivent disposer d’au moins un point de recharge par tranche de 20 places, dont un accessible aux personnes à mobilité réduite. Des obligations de pré-équipement peuvent également s’appliquer aux bâtiments neufs ou faisant l’objet d’une rénovation importante.
Combien de bornes faut-il prévoir ?
Le minimum réglementaire ne correspond pas nécessairement au besoin réel de l’entreprise. Le nombre de bornes dépend de la flotte électrique, du nombre d’utilisateurs, de la durée de stationnement et de la puissance disponible. Il est souvent pertinent d’équiper une partie des places et de prévoir l’extension future de l’installation.
Faut-il augmenter la puissance de l’abonnement électrique ?
Pas nécessairement. Un système de pilotage dynamique peut répartir la puissance disponible entre les véhicules et éviter, dans certains cas, un renforcement du raccordement électrique. L’étude technique permet de déterminer la solution la plus adaptée.
La recharge des salariés sur le lieu de travail est-elle un avantage en nature ?
Non. L’utilisation d’une borne mise à disposition par l’employeur sur le lieu de travail n’est pas considérée comme un avantage en nature, électricité comprise, jusqu’au 31 décembre 2027.
Peut-on recharger les véhicules avec l’électricité de panneaux solaires ?
Oui. Une installation photovoltaïque en toiture ou sur des ombrières peut alimenter une partie de la recharge des véhicules électriques. Le pilotage de la recharge et, lorsque cela est pertinent, une batterie de stockage peuvent augmenter la part d’électricité solaire autoconsommée.
Sources
- Code de la construction et de l’habitation, article L111-3-5 (obligations d’équipement des parkings non résidentiels)
- Décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 (qualification IRVE au-delà de 3,7 kW)
- URSSAF, régime des avantages en nature liés aux bornes de recharge (tolérance prolongée jusqu’au 31 décembre 2027)
- Programme Advenir (conditions et barèmes en vigueur)


